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Sylvia Robinson "The mother of hip-hop”

  • Photo du rédacteur: Manon Rosi
    Manon Rosi
  • 7 oct. 2023
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 févr. 2024

Sylvia Robinson est une femme à la carrière musicale importante, passant par plusieurs genre, notamment le hip-hop, dont elle marque l’histoire.


Les prémices d’une business woman

Née à New-York, le 6 mars 1936, elle rencontre la musique très jeune : “Je chantais depuis mes 11 ou 12 ans. Le week-end, je partais loin de l’école pour chanter dans des revues. Puis mon beau-frère m’a emmenée voir différentes maisons de disques et ainsi de suite. C’est comme ça que j’ai commencé dans le métier”, raconte-t-elle au magazine Dazed en 2000. Sa carrière musicale commence donc par le chant, où vers l’âge de 14 ans, elle accompagne le trompettiste Hot Lips Page sur le titre “Chocolate Candy Blues”.



Ce titre lui vaut par la suite son entrée au label Savoy. Sous le nom Little Sylvia, elle y enregistre plusieurs disques de rhythm and blues. Dans les studios du label, elle y rencontre Mickey Baker avec qui elle apprend à jouer de la guitare. De cette rencontre, naît un duo qui réalise le titre à succès “Love Is Strange”, édité par Groove Records en 1956.

La chanson est au 11ème rang du Billboard Hot 100 et à la 1er place du classement rhythm and blues, l’année qui suit sa sortie. En 1987, le son sera sur la bande originale de “Dirty Dancing”.



Dans les années 60, une autre voie s’offre à Sylvia avec la séparation du duo et son mariage avec Joe Robinson.

Avec son époux, elle se lance dans une nouvelle aventure : la production musicale. Ensemble, ils fondent All Platinum Records en 1968.

L’une de leur première réussite avec ce label, est la production en 1970 de “Love on Two-Way Street” du groupe The Moments, composé par Sylvia elle-même, en co-écriture avec Burt Keyes. Le morceau se place en tête du hit-parade rhythm and blues pendant cinq semaines. L’introduction musicale de la chanson est pour le moins célèbre car Jay-Z et Alicia Keys le sample dans leur célèbre chanson “Empire State Of Mind”.



Entre productions et compositions musicales, les succès continuent pour Sylvia qui parallèlement à ses activités professionnels élève ses trois enfants.

Au début des années 70, elle écrit “Pillow Talk” qu’elle propose à Al Green. Alors que celui-ci refuse, elle décide de l’enregistrer elle-même et fait de cette chanson la 1er du hit-parade rythmes and blues ainsi que 3ème du Billboard Hot 100. Au cours des années 70, elle sort pas moins de 3 albums.



En 1974, elle crée le morceau “Shame, Shame, Shame” chanté par Shirley Goodman. Ce morceau fait partie des premières chansons du mouvement disco à être célèbre en atteignant la 12ème place du Hot 100 en 1975.


Boum dans le hip-hop !

Une toute nouvelle histoire va naître le jour de son anniversaire.


Désormais, à la tête d’un nouveau label fondé avec son mari en 1979 qui se nomme Sugar Hill Records, elle va se rendre pour ses 43 ans au Harlem World Disco. Dans cette discothèque, elle rencontre la culture hip-hop. Djing, break, mais surtout le rap la frappera définitivement : “Je n’avais jamais entendu de rap jusqu’alors. J’ai trouvé cela fabuleux. A cet instant, j’ai su que je devais enregistrer cette musique. C’est Dieu qui me montrait la voie”, raconte Sylvia au quotidien local “The Star-Ledger”.


Sylvia réalise alors une composition samplée du titre “Good Times” de Chic et recrute trois jeunes hommes pour rapper sur le son : Michael Wright, alias Wonder Mike, Henry Jackson alias Big Bank Hank et Guy O’Brien alias Master Gee. De ces éléments, il né le célèbre tube “Rapper’s Delight” du trio appelé The Sugarhill Gang. C’est alors le succès mondial d’un nouveau genre musical : le rap. Le titre s’écoule à 15 millions d'exemplaires dans le monde, se place 4ème du hit-parade rhythm and blues et 36ème du Billboard Hot 100 en 1979.



Le label continue la production de hit, avec entre autres, le morceau “The Message” de Grandmaster Flash and the Furious Five, qui ouvre la voie à un rap conscient et socialement engagé. En 1982, ce titre prend aussi sa place au hit-parade rhythm and blues en 4ème position.



Success Story

Vous l’aurez compris, nous avons ici une femme d’affaire hors paire qui tout ce qu’elle touche se transforme en succès.

Elle est l’une des premières dans beaucoup de domaines et notamment celui d’une femme dans la production discographique.

Pendant sa carrière de productrice, elle a amassé 26 disques d’or et vendu environ 25 millions d’albums.

La prise en main du rap par Sylvia, avec la production du titre “Rapper’s Delight”, l’emmène à être surnommée “mother of hip-hop” (“la mère du hip-hop”). Avant elle, cet art restait dans les rues et block parties, il n’avait pas de place dans un studio. Elle est donc la première à avoir ouvert ce genre musical à la culture populaire.

Au cours de sa carrière, elle écrit et produit pour plusieurs artistes, comme Dr Dre, Snoop Dogg, Ice Cube ou encore Puff Daddy.


Sylvia finit sa vie dans la discrétion après avoir vendu le label Sugar Hill Records en 1986 à MCA.

Un incendie dans ses studios en 2002 détruit à la fois celui-ci et les bandes originales de “The Message” et “Rapper’s Delight”.

Le 29 septembre 2011, elle s’éteint à l’âge de 76 ans, laissant derrière elle le souvenir d’une vie hors du commun.


Cette vie incroyable est prévue d’être racontée dans un biopic, en projet depuis 2014, par la productrice Paula Wagner.

En attendant la sortie de ce film sur nos grands écrans, nous pouvons la voir sur nos petits. La série “Empire”, mettant en scène une famille dans l’industrie musicale, tient son inspiration de Sylvia, notamment pour le rôle de Cookie Lyon, la mère de famille.


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