Sophie Bramly, la “Zulu Queen”
- Manon Rosi

- 31 déc. 2023
- 2 min de lecture
L’un des premiers problèmes de la culture hip-hop est son manque de recherche et d'archivage. Cependant, certains ont été au bon endroit au bon moment. C’est le cas de Sophie Bramly qui œuvre pour cette culture avec son appareil photo.

L’œil du hip-hop
Née à Tunis en 1959, Sophie part habiter à New York en 1981. Elle passe son temps à prendre des photos comme correspondante pour une agence de presse. C’est pendant une fête à Union Square qu’elle rencontre la culture hip-hop et qu’elle s’immerge dedans. Elle écoute les sets d’Afrika Bambaataa, Jazzy Jay et Afrika Islam les vendredis soir au Roxy. Elle côtoie entre autres Dondi, Futura 2000, Run DMC et Rick Rubin. Bambaataa lui octroie le titre de Zulu Queen. Tout ce temps immergé dans cette culture, elle le passe avec son appareil photo, captivant les moments hip-hop de l’époque.

Sophie Bramly, B-Side, Afrika Bambaataa, Amad Hendersone et Motivator devant les studios Greene St. Recording à New York, 1983
“Je suis très séduite par la flamboyance des b-boys, qui leur donne un côté féminin, mais pas du tout par la masculinisation des femmes qui veulent se fondre dans la masse pour être acceptées et respectées. Je comprends très bien pourquoi mais d’un point vue photographique, c’est moins fascinant. Étrangement, alors que mon apparence féminine est plus proche de la catégorie bitch que sista, personne ne m’en tient rigueur”, évoque Sophie dans le livre hip-hop 360 de Vincent Piolet.
Ses photos sont rassemblées dans le livre “Yo!”, publié par Soul Jazz Books, consacré à ses photographies. Pour les plus chanceux, ils ont pu les apercevoir à l'exposition hip-hop 360 à la Philharmonie de Paris qui a eu lieu de décembre 2021 à juillet 2022.
"L'ensemble des disciplines du hip-hop, le graffiti, la musique, la danse, servent à rendre beau ce qui est moche, à trouver sa place dans le désert : cette vitalité, cette espèce de potion magique, je me suis permis de l'absorber avec eux", explique Sophie à Paris par l’AFP relié par un article de France 24.

Danseurs à la Grange aux Belles, Paris, 1984, photo de Sophie Bramly
Un chemin vers les émissions télé
Cette émergence dans le hip-hop lui donne par la suite l’opportunité de travailler en 1984 dans l'émission H.I.P.H.O.P diffusée en France. Dans cette émission, présentée par Sidney Duteil, elle y occupe officiellement le poste de directrice artistique, même si en réalité elle fait un peu de tout et sera la créatrice du logo.
En 1987, elle participe à la création de la chaîne américaine MTV en Europe. C’est à Londres, qu’elle mènera ce projet en produisant et en animant une émission de rap nommée “Yo!”. Un an plus tard, son ami Fab 5 Freddy reprend le concept de l’émission aux Etat-Unis.
Sophie Bramly dans l'émission Yo! avec Coldcut
Sophie a entrepris par la suite, une carrière professionnelle hors du milieu hip-hop. Elle n’en reste pas moins l’une de ces actrices fondamentales. Dans l’article portrait que lui a accordé France 24, elle souligne : “On me dit souvent, tu as toujours eu de l’instinct pour savoir où il fallait être, mais quel instinct ? Je n’ai fait qu’écouter la musique”.

