Afrika Bambaataa, le parrain du hip-hop
- Manon Rosi

- 12 févr. 2024
- 2 min de lecture
Créateur de la Zulu Nation, Dj américain, producteur de musique, rappeur et surtout l’un des pionniers du hip-hop, voici toutes les casquettes que portent Afrika Bambaataa.

Une enfance dans le Bronx
Kevin Donovan, de son vrai nom, né en 1957, fut dès son jeune âge sous l’influence de la liberté noire américaine. Il y avait dans sa famille des membres des Black Muslims, mouvement d’émancipation de la communauté Afro-américaine dont l’un des représentants les plus connus est Malcolm X.
Après le visionnage du film “Zulu” de 1964 et un voyage en Afrique, il décide de se surnommé Afrika Bambaataa. Il aurait fait ce choix de nom en référence au chef zoulou de la rébellion de Bambatha de 1906 au Natal qui se nomme Bambatha kaMancinza.
Depuis son jeune âge, il vit dans le Bronx où il côtoie la violence présente dans les rues. Dans les années 70, il intègre le gang P.O.W.E.R (People’s Organization for War and Energetic Revolutionaries). Il le quitte ensuite pour aller chez les Black Spades. Il s’agit d’un grand groupe d’adolescent latino-américain et afro-américain qui s’unit pour protéger leurs quartiers contre la criminanilté et combattre le racisme et la discrimination dans le Bronx.
Love, Peace Unity and Having Fun
Un événement aurait donné un chemin tout à fait différent à celui qu'empruntait Bambaataa. Vers 1975, un membre de sa famille aurait été tué par une fusillade de police après un conflit entre les Black Spades et un autre gang. Ceci l’emmène définitivement à quitter l’univers des gangs.

En 1973, il fonde l’Universal Zulu Nation. Le but est de combattre les gangs, en prônant la non-violence grâce à une expression artistique notamment celle des disciplines de la culture hip-hop. C’est à travers cela que le hip-hop devient plus qu’un mouvement artistique. Avec la Zulu Nation, il veut désintéresser les jeunes des gangs et les faire adhérer à un mode de vie autour du slogan “love, peace, unity and having fun” (“amour, paix, unité et s’amuser). Le hip-hop devient alors véritablement une arme de protestation et d'affirmation de soi. On remplace les affrontements de rue violents par des battle de rap, break ou graff.
Djing
Bambaataa c’est aussi de la création musicale. Au début du mouvement hip-hop, il y participe en tant que DJ à des block party (fête de quartier) qu’il organisait.
Il sera à l’origine de 13 albums et 76 singles et EPs, dont le célèbre titre “Planet Rock” sorti en 1982. Les paroliers de cette musique ont mis au point le style inhabituel de l’époque “mc popping”, dont le but est de rapper hors du temps. Cette chanson véhicule avant tout un esprit de fête sous lequel peuvent se réunir les gens. La popularité du morceau vaudra pour la première fois au groupe et au label un Gold records ainsi que la troisième place de la plus grande chanson hip-hop par Rolling Stone.
On donne à Afrika Bambaataa, le titre de l’un des pionniers du hip-hop, car c’est à travers la création de la Zulu Nation qu’il donne à cette culture, l’idée d’un mouvement, utilisant l’art comme vecteur de création positif et moteur de bonne action. Sans ça, le hip-hop ne serait par une culture réunissant des arts.

